6 novembre 2009

Portefolio

Il n’y a rien à faire : j’aime les gens et à travers la photographie, je ne peux résister à la tentation de les révéler à leur propre beauté. Par un bel après-midi d’un novembre habituellement déprimant, nous nous sommes baladées, Geneviève et moi, dans les rues de Saint-Sauveur pour croquer ici et là, quelques portraits qui lui serviront à réaliser son portefolio artistique.

Les clichés ne devaient pas être trop ‘kétaines’ , mais exprimer le naturel de Geneviève. Qui a dit que jouer son propre rôle était facile? Et capter l’essence de l’autre est tout aussi difficile… Quelques extraits de ce moment intime avec l’objectif.

Vers le rêve bleu

Sourire franc

C'est moi!

Au soleil

12 octobre 2009

Liberté

12 octobre 2009

Bribes- Festival de Piyang

Encore à éplucher et classifier mes photo, j’ai retrouvé  quelques images du festival de Piyang qui avait lieu en août dernier près de Leh, la capitale du Ladakh. Le traitement de ces photos est une nouvelle exploration. J’ai voulu teinter ces images de couleurs plus douces, un peu vieillottes. 

6 octobre 2009

“Quand l’art et l’anthropologie se rencontrent”

Première diffusion

Le 15 octobre prochain, je présenterai pour une première fois mon exposition  Le village dans le ciel . Cette diffusion aura lieu à l’Agora du pavillon Desjardins à l’Université Laval. Alors que la galerie Tzara accueillera mes oeuvres au printemps, cette première rencontre avec le public sera une occasion pour tâter le terrain dans mes nouvelles chaussures de photographe. Comment sera accueillie cette naissance? L’Impact Campus a d’ailleurs écris un article sur celle-ci. http://www.impactcampus.qc.ca/article.jsp?issue=2009-10-06&article=Quand-l_art-et-l_anthropologie-se-rencontrent

À travers ma démarche artistique, je me suis souvent posée ces questions : Pourquoi faire de la photographie? Qu’est-ce que la photographie pour moi?  Comment découvrir mon style à travers elle? À qui s’adressent les images produites? Quelle est ma relation entre la photographie et l’anthropologie?

C’est par l’anthropologie visuelle que j’ai découvert la force de l’image et matérialisé ma passion pour les gens. La photographie s’est révélée à moi par le biais de réflexions philosophiques, de questionnements éthiques et d’observations esthétiques. Alors qu’un pied baignait dans ces courants de pensées anthropologiques,  l’autre traçait son chemin artistique. Où est la ligne entre l’Art et l’Anthropologie? Comment conjuguer les deux? Comment faire du ‘ beau sensible’ en ‘disant quelque chose sur la culture de l’Autre’ et sur notre relation avec lui? À la fin de ce périple photographique, qui suis-je aujourd’hui? Une artiste? Une photographe? Une anthropologue? 

Le projet d’exposition

Inspiré par les photographes humanistes, mon regard photographique est inévitablement influencé par l’anthropologie. Mon projet d’exposition Le village dans le ciel découle de mon désir à représenter la nature humaine dans son quotidien. En cherchant à comprendre mes sujets et à en dresser le portait, j’ai pris le temps chaque fois de discuter avec eux avant de capter les images. Ma démarche est donc grandement guidée par la méthodologie de l’anthropologie : l’ethnographie, c’est-à-dire l’ancrage dans un environnement et la description des moeurs, des coutumes et des caractéristiques des interactions humaines dans celui-ci.

Ma relation à la photographie

Dé-contextualisée  de mon séjour au Ladakh, je réfléchis aujourd’hui au sens que je donne à ma relation avec la photographie.

J’estime qu’elle réside dans la transmission d’un message, dans l’histoire et l’émotion qu’elle témoigne.  Celle-ci n’est pas seulement un outil de communication, mais une fenêtre sur la sensibilité du photographe lui-même, son interprétation personnelle et sa vision du monde. Invitant à l’intemporalité, la photographie devient une poésie de l’instant lorsqu’elle s’intègre à une autre réalité que la sienne. C’est  la narration d’une histoire entre  le photographe et son sujet et ce qu’elle raconte sur leur moment d’intimité.

La photographie est une invitation à la contemplation du présent, une manière de le partager. Une façon d’immortaliser la magie de cet espace-temps.


26 août 2009

Exposition 2009_Skindiyang

Ama-le et rouleau de prière

Les deux photographies suivantes constituent un dyptique :

Dyptique

Il existe trois reproductions de chaque photographie imprimée sur du papier de riz du Népal, mais il est également possible de commander les images sur d’autres types de papier.

Pour de plus amples informations concernant les impressions, veuillez communiquer avec moi à cette adresse : rachel.bussieres@gmail.com

28 juillet 2009

Skindiyang, le village dans le ciel

LE LADAKH…

…des plaines désertiques où des montagnes lunaires se détachent du paysage infini.

À Skindiyang, un village perché dans le ciel, j’ai eu la chance de vivre avec ses habitants. Pendant une semaine, j’ai tenté de me fondre dans ce paysage incroyable. Logeant dans une famille, je devais, au cours de mon séjour, observer les effets de la globalisation sur la culture ladakhi en les matérialisant par la photographie. En lisant le livre Ancient Futures. Learning From Ladakh écrit par Helena Norberg-Hodge, première occidentale à apprendre le ladakhi lors de son séjour dans le milieu des années 75 et la fondatrice-directrice de l’association International Society for Ecology and Culture, j’ai été fascinée de côtoyer cette culture et d’observer les changements qui s’étaient opérés depuis une trentaine d’années. La seule constante, c’est le changement, n’est-ce pas?

UN PEU D’HISTOIRE ANTHROPOLOGIQUE…

Le Ladakh est une région magnifique dans la partie nord du Jammu-Cachemire indien. Ses hautes montagnes himalayennes enneigées, ses paysages désertiques, ses espaces verts  entourant les villages comme des oasis de paix et ses monastères sont un régal de couleurs pour les yeux. Couvrant un territoire de 60 000 km2, la population ladakhi compte 130 000 habitants. Alors que la moitié adhère au bouddhiste tibétain depuis plus de mille ans dans la région périphérique de Leh, l’autre, situé à Khargil, est davantage musulmane. Parsemés à travers l’espace lunaire grandiose, les villages ont toujours été auto-suffisants, vivant en harmonie avec leur environnement. En 1975, lorsqu’Helena Norberg-Hodge  visite le Ladakh,  elle est  fascinée par cette culture riche et paisible. Quelques années plus tard, la région commence à se développer, désireuse de suivre le modèle occidental. L’ouverture du tourisme, l’insertion des médias visuels et le processus de développement semblent être poussés par les ailes du progrès. Les routes se multiplient, facilitant le transport entre les villages et les centres citadins; les écoles se construisent, permettant aux enfants d’apprendre l’anglais et de s’ouvrir davantage sur le monde ; la monnaie, devenant courante et plus importante aux yeux des Ladakhi, transforme le système économique et les structures sociales des communautés; les bâtiments changent de forme et de matériaux et les vêtements et les différents tissus venant de l’ouest s’insèrent dans les armoires. Lors de mon séjour à Skindiyang, un village situé entre Khalsi et Leh, j’ai pu, en effet,  constaté les différents impacts de la globalisation, mais surtout…

ENTRE L’HUMANISME ET LE PHOTOJOURNALISME…

Depuis mon séjour en Inde, j’ai tenté de faire du photojournalisme, croyant que c’était un excellent moyen pour conjuguer intellectualisme et art, et peut-être aussi, influencée par la germe anthropologique qui poussait en moi. Mais en vivant une semaine avec les habitants de Skindiyang, les images qui composaient mes cadres photographiques n’étaient pas inspirées par un désir de dénoncer les effets de la globalisation. Soudainement, ma tête laissait place au coeur, aux trippes et au sang bouillonnant qui traversait mon regard. Je n’étais plus guidée par mes idées, mais par mes émotions. Je ne savais plus ce qui était rationnel ou intellectuel : je “sentais”, c’est tout. Tous les jours, je partais marcher ces montages géantes outillée de ma caméra et de mon petit livre ladakhien; je rencontrais les gens et buvais des thés dans les cuisines. Leurs sourires, la profondeur de leur regard et la simplicité de nos échanges séduisait mes pupilles et je prenais les clichés naturellement, instinctivement, sans réfléchir.

DES IMAGES SUR DES MOTS…

De retour à Leh, j’ai sélectionné 26 photographies qui seront imprimées sur du papier de riz du Népal et qui formeront mon exposition à Québec. Ces images sont imprégnées de la douceur et de la sensibilité de la photographie humaniste en même temps qu’elles forment un portrait de la culture ladakhi dans le village de Skindiyang. Les photographies sélectionnées se trouvent au-dessus.

25 juin 2009

Elderly home

Qu’arrive-t-il lorsqu’on devient un vieux tibétain?

Il y a une résidence où habitent les personnes âgées. Un après-midi, j’ai contemplé ces visages qui avaient autrefois connu un Tibet avant l’exil. Réflexion historique.

23 juin 2009

Tibetan children’s village (TCV school)

Dans le cadre du projet de photojournal sur les femmes tibétaines en exil, je devais me rendre au TCV school qui est situé dans le Upper Dharamsala. Mais n’entre pas sur le site celui qui le veut bien. Il est strictement interdit de se promener dans le périmètre de l’école sans permission. Et il n’est pas nécessairement facile de l’obtenir même lorsqu’on travaille pour une association d’envergure comme le TWA.

La TWA a finalement réussi à avoir le permis et j’ai pu me balader entre les salles de cours, les maisons et les terrains de football  en prenant quelques clichés. Pendant 3 jours, j’ai passé des heures à tenter d’imaginer comment ces enfants vivaient et ce à quoi ils pouvaient bien penser. Je sais que ce milieu de vie n’est pas comparable au mode des vie des Occidentaux, et pourtant, il est presque impossible de ne pas tenter d’imaginer vivre sans ses parents et avec une horde d’enfants, comme c’est le cas pour ceux-ci.

La TCV school est une école qui accueille des jeunes enfants tibétains qui ont traversé les frontières par les montagnes enneigées avec leurs parents. Pour une raison ou une autre, les parents les ont quittés pour retourner au Tibet ou ailleurs. Les enfants peuvent donc avoir entre 1 ans et 15 ans lorsqu’ils arrivent au TCV. Là-bas, ils apprennent à parler, à écrire et à penser tibétain. On leur enseigne leur histoire, celle d’une lutte qui dure depuis cinquante ans; on leur apprend à imaginer un pays dont ils n’ont pas souvenir d’y avoir vécu, et ils commencent à rêver. Rêver au Tibet.  Lorsqu’ils sortent du TCV school, ils se sentent plus que jamais près de leur terre et de leur rêve.

Jusqu’à l’âge d’environ 13 ans, trente garçons et filles partagent une maison. Il y des dizaines et des dizaines de maisons sur le terrain du TCV. Une femme qu’ils appellent Amala (maman) s’occupe d’eux durant ces années. Une cuisinière prépare les repas tous les jours et vit également avec eux. À 5h du matin, les enfants se réveillent et doivent nettoyer la maison. Puis, ils déjeunent et débutent les cours à 7h. À 13h30, ils retournent dans leurs maisons respectives, dînent et passent le reste de la journée à faire ce que bon leur semble.

Vers 13 ans, ils quittent la maison des enfants et se retrouvent dans des “auberges”. Les filles et les garçons sont séparés et ils n’ont pas d’Amala pour s’occuper d’eux.

La majorité des jeunes adultes que j’ai rencontré ici sont tous allés au TCV jusqu’à 18 ans.

Si vous avez envie d’en savoir plus, voici le site web : http://www.tcv.org.in/index.shtml

15 juin 2009

Près du village d’Odah

La semaine dernière, j’ai visité une ferme organique : arbres à fruits, champs de riz, vaches et lichies à profusion. À 30 minutes de Dharamsala, le village où nous a accueilli Devinder Rana et sa femme se nomme Odah.Quelques images de ce paysage exquis.

15 juin 2009

Danse traditionnelle tibétaine

Le Tibetan Institute of Performing Arts (TIPA) accueille des élèves en danse et en chant traditionnel tibétain pendant une durée de neuf ans. Avant la prestation d’une danse traditionnelle dimanche dernier, j’ai pu entrer dans les coulisses, discuter avec les danseuses et même apprendre quelques pas.